mardi 21 juillet 2015

Miracle en Satanie

Eh oui, ça y est, c'est officiel et je peux donc enfin l'annoncer aux quelques internautes égarés qui lisent encore ce blog : "Voyage en Satanie" devrait bientôt renaître de ses cendres !


Un miracle diabolique qui a été en partie dû à un de mes précédents posts, où je révélais que le premier volume du diptyque ne connaitrait malheureusement pas de suite, et où je proposais en conséquence de mettre en ligne le scénario du tome 2.

Car ce post - outre qu'il m'a valu de nombreux mails de soutien et de sympathie, un grand merci à vous - a aussi eu l'effet inattendu de faire réagir Clotilde Vu et Barbara Canepa, de la collection "Métamorphoses", chez Soleil... En effet, ces deux grandes fans du travail des Kérascoët ont trouvé trop triste et injuste que ce récit n'ait pas de fin et nous ont donc proposé de racheter les droits du tome 1 et de financer l'élaboration du tome 2, ce qui sera donc fait cette année.  Un acte éditorial très courageux que je tiens à saluer ici publiquement, car on sait qu'il n'est jamais facile de tenter de relancer l'attention sur un titre qui a fait un "faux départ".

Nous allons donc repenser ensemble ce récit pour en faire un beau one-shot d'environ 120/130 pages, album qui présentera donc l'intégralité de l'histoire (tome 1 + tome 2 réunis, plus quelques nouvelles pages et grandes illustrations ça et là).

Quant aux lecteurs qui nous avait fait l'honneur d'acheter le premier tome paru chez Dargaud, nous tâcherons de les en remercier par un petit cadeau sur lequel nous réfléchissons et que nous vous remettrons en dédicace quand vous vous présenterez à nous avec 1) un air déçu très touchant et 2) votre tome 1 en mains.

mercredi 4 février 2015

Marche des Auteurs


Vous l'avez peut-être vu ou entendu, mais une Marche des Auteurs pour la Création a été organisée à l'occasion du 42ème Festival d'Angoulême...

Autant vous dire que ça m'a fait quelque chose de voir autant d'auteurs de BD réunis ensemble pour une cause commune.



A cette occasion, le Snac m'avait demandé de renouer un peu avec mon activité syndicale et de prononcer un discours.

Je me permets de vous en communiquer ici le texte complet (écrit avec l'aide précieuse des membres du Comité de Pilotage du Snac : qu'ils en soient ici infiniment remerciés).

"Cher(e)s ami(e)s

Cette marche, nous l'avions prévue il y a déjà plusieurs mois, pour dénoncer la précarité grandissante et alarmante dans laquelle se trouvent de nombreux auteurs de BD.

Mais avant d'en revenir à ces préoccupations profondes, et suite aux récents évènements qui ont bouleversé le pays, il est évident que si nous sommes réunis aujourd'hui, c'est aussi pour rendre un hommage aux victimes des attentats des 7 et 9 janvier.

A toutes les victimes bien entendu, mais plus particulièrement, puisque nous sommes aujourd'hui à Angoulême, aux journalistes et caricaturistes de "Charlie Hebdo", parmi lesquels beaucoup d'entre nous comptaient des ami-e-s proches. Car comme l'ont prouvé les Grands Prix d'Angoulême remis par le passé à Reiser, Pétillon, Wolinski ou Willem, les liens entre Bande-dessinée et Dessin de Presse ont toujours été forts et nombreux : et si nos manières de travailler sont différentes, nous appartenons bien à la même famille.

C'est pour eux tous que nous avons donc une pensée particulière aujourd'hui : pour les survivants, qui n'ont maintenant plus d'autre choix que de réapprendre à vivre; et pour les disparus : Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Honoré et tous ceux qui ont été tuées juste parce qu'ils travaillaient à Charlie Hebdo et qu'ils y "dessinaient et imprimaient des petits bonzhommes avec des gros nez".

Et il y a d'ailleurs là une situation suffisamment absurde et tragi-comique pour être soulignée : il a fallu que des terroristes s'en prennent à des caricaturistes pour qu'on se rappelle que dessiner n'était pas si anodin.

Et à l'heure où, dans notre profession, certains se prennent à douter, se demandent si ce qu'ils font a un sens, s'il y a encore le moindre intérêt à faire nos "petites cases à la con", nos "petites BD", tout seul dans notre coin, ces meurtres constituent une violente et aberrante piqûre de rappel : il faut croire que dessiner peut parfois avoir du poids, puisqu'on peut se faire tuer pour ça.
Bien sûr, ça ne fait pas des auteurs de "Charlie-Hebdo" des super-héros, des saints ou des martyrs, et ça fait encore moins de tout dessinateur de BD un résistant ou un militant engagé  (et non, effectivement, les "Aventures de Rififi le Canard" ne sont pas toujours un brûlant pamphlet lancé à la face du Pouvoir) : mais, tout de même, oui, il faut croire que s'exprimer par le dessin doit avoir un tout petit peu de sens, puisque des milliers de personnes, en France et dans le monde entier, ont brandi des crayons lors des manifestations des 10 et 11 janvier.

Or le paradoxe absolu de cette situation, c'est qu'alors même que l'on voit fleurir partout les preuves d'un puissant attachement au dessin, à la liberté d'expression et à la culture, notre profession se porte mal, nous obligeant aujourd'hui à manifester notre colère.
Il y a presque 40 ans, il a fallu que les auteurs et artistes "descendent dans la rue" pour être entendus et pour que l’État crée un régime de sécurité sociale adapté à leurs réalités.
Il a fallu insister encore -  et pendant des années - pour que les auteurs bénéficient en 2012 du droit à la formation professionnelle continue, alors même que ce droit est reconnu pour tous les français - et depuis bien longtemps - par la Constitution.

Mais, au terme de ces avancées sociales durement acquises et alors que le marché du livre connaît une crise importante, une lettre du président du Conseil d'Administration du RAAP a provoqué l'incompréhension, et la colère dans toute la profession, auteurs et artistes confondus. Cette lettre du 5 mai 2014 annonçait une réforme du régime de retraite complémentaire obligatoire, dont les modalités, décidées sans concertation avec les auteurs, reviendraient à nous retirer chaque année l'équivalent d'un mois de revenus – alors même que l'immense majorité des auteurs gagne moins que le SMIC.

Depuis cette date, les auteurs et artistes - et en particulier ceux du groupement Bande-Dessinée du Syndicat National des Auteurs et Compositeurs - se sont mobilisés et ne cessent de dénoncer un dialogue à sens unique : car le Conseil du RAAP ne nous entend pas, annulant même les dernières réunions prévues, ce qui nous semble pour le moins irresponsable alors même que notre mouvement ne faiblit pas, bien au contraire : il prend de l'ampleur.

C'est pourquoi nous nous tournons aujourd'hui vers Le Président de la République, Monsieur François Hollande.

Nous vous demandons, Monsieur le Président - ainsi qu'à Madame Marisol Touraine, Ministre des Affaires Sociales - de prendre vos responsabilités et de négocier avec les véritables partenaires sociaux : les organisations représentatives des auteurs et artistes ! Nous vous demandons d'intervenir pour qu'une réelle concertation s'établisse avec des interlocuteurs pertinents et prêts à avancer avec nos représentants.

Nous ne remettons pas en cause le principe de la proportionnalité, mais le taux trop élevé - de 8% - choisi sans concertation, qui est irréaliste, inacceptable et contre-productif au vu des revenus moyens de l'ensemble de la profession.

Monsieur le Président, faut-il vous rappeler que les auteurs et les artistes, outre leur importance symbolique et culturelle, sont aussi à l'origine d'une richesse économique qui confère à leur secteur la troisième place de contributeur au PIB, devant l'industrie automobile ? Faut-il aussi vous rappeler que les artistes et auteurs ne pèsent rien sur l'assurance chômage - puisque nous n'en bénéficions pas - et pas plus sur les comptes de la Sécurité Sociale et de l'Assurance Vieillesse ?

Monsieur le Président, cette marche des auteurs pour la création, vous devez le comprendre, n'est qu'une des premières démonstrations d'un mouvement social inédit pour une profession pourtant réputée individualiste et désorganisée, mais aujourd'hui mobilisée et déterminée. 
Il est désormais de votre responsabilité de faire, en lien avec le Ministère de la Culture, le Ministère des Affaires Sociales, et les organisations représentatives des auteurs, les bons choix pour la culture et pour le rayonnement de la France. 
Car nous pouvons vous assurer que nous resterons attentifs et mobilisés."

 (toutes les photos présentées ici sont de Chloé Vollmer-Lo).

mercredi 14 janvier 2015

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mercredi 19 février 2014

L'Europe, c'est beau comme un Lobby


Derrière ces beaux visages souriants et multi-ethniques à la parité plus que respectée, se trouve une consultation Européenne un tout petit peu moins avenante.

Car sous couvert d'interroger tout un chacun (et en particulier les créateurs) sur la notion de droit d'auteur en Europe, cette enquête semble avoir été légèrement orientée par plusieurs lobbies aux intérêts certes bien compris mais guère compatibles avec ceux des auteurs français.

Au final, les syndicats d'auteurs français et le SNE (Syndicat National des Editeurs) sont pour une fois d'accord sur la question : on assiste là à une tentative d'affaiblissement de la notion de droit d'auteur en Europe, soit disant pour une meilleure diffusion de la Culture. Rien de  neuf sous le soleil du libre échange.

Or donc si vous n'êtes pas auteur mais êtes juste soucieux de défendre le droit d'auteur en signant une pétition de soutien, allez donc sur le site du Snac pour y lire le post intitulé : "Appel des Créateurs pour le droit d'Auteur" et nous soutenir par une petite signature.

Et si vous êtes auteur-mais-pas-encore-affilé-au-Snac-m'enfin-il-est-temps-de-se-bouger, allez vite sur le site du SNAC pour y lire le même post ("Appel des Créateurs pour le droit d'Auteur") puis demandez vite au Snac des conseils pour répondre à la Consultation en question (qui est quand même entièrement en anglais et comporte 80 questions : un modèle de démocratie à l'échelle européenne; pas évident d'y répondre sans mode d'emploi, donc).

En cas de doute, une fois n'est pas coutume, demandez plus d'info à votre éditeur, il sera normalement au courant, et cette fois-ci, ouf, nos intérêts convergent !  Voilà qui ne manquera pas de réchauffer l'atmosphère de nos diners communs en festival.




vendredi 14 février 2014

Tristes nouvelles de Satanie...

De nombreux internautes m'ont posé la question ces derniers mois : quand donc sortira la suite du premier opus de "Voyage en Satanie", dessiné par les Kérascoët et publié en 2011  ?

Hélas, hélas, me voilà contraint de vous annoncer une affreuse nouvelle, puisque qu'il est désormais certain que la second album ne sera pas publié...

Devant les piètres résultats commerciaux du premier épisode de ce qui devait être un diptyque,  décision a été prise de ne pas publier le second.


Il est toujours difficile d'expliquer un tel échec, même à postériori. Les personnes qui ont lu la bd semblent pourtant l'avoir beaucoup appréciée... mais plus nombreuses encore ont été les personnes à ne pas l'acheter ou même à ne pas l'avoir remarquée en librairie !

C'est en tous cas une sacrée leçon d'humilité pour votre serviteur :  moi qui pensais vaguement - et toute fausse modestie mise à part - que mon nom pouvait aider à assurer un minimum de vente pour un album, je me trompais visiblement assez lourdement !

Je partage d'autant plus la déception des acheteurs et acheteuses du tome 1 que j'avais bel et bien écrit le scénario du tome 2 avant d'apprendre qu'il ne serait pas publié...

De fait, et par respect pour les personnes qui avaient cassé leur tirelire pour acheter notre album, je vais tâcher de bientôt mettre en ligne le sus-dit scénario, de manière à ce que celles et ceux qui le souhaitent puissent lire la fin de cette histoire.

mercredi 5 février 2014

Mais que vois-je poindre à l'horizon ?!




...La première grande nouvelle de l'année, c'est que la revue Professeur Cyclope est enfin téléchargeable pour les abonnés !!

Ca nous a pris du temps, mais Julien Portalier a travaillé d'arrache-pied pour nous livrer cette belle fonctionnalité, qui était attendue par de nombreux lecteurs.

Vous pouvez donc désormais : soit aller lire chaque mois la version gratuite de la revue sur arte.tv, soit vous abonner illico pour télécharger le numéro du moment (le 11 vient de sortir !!) et les suivants.

http://www.arte.tv/fr/professeur-cyclope-magazine-de-bandes-dessinees-et-de-fictions-numeriques/7282896.html

N'attendez plus ! Zou !

Angoulême, c'est fini.

Ou pour le dire plus simplement : les jours suivant le festival d'Angoulême sont toujours un peu durs à digérer.

Pas facile de ne pas être encore ému pendant un jour ou deux, en se remettant des moments forts passés la semaine dernière : les petites déceptions ("Paco les Mains Rouges" repart hélas sans Prix et je reste donc fermement accroché à mon statut de Poulidor du FIBD), les rencontres épatantes (plus de 6 conférences effectuées d'affilée, avec des tas de chouettes discussions à la clé : merci à toutes et tous pour votre curiosité à propos de Professeur Cyclope), et puis les soirées improbables se terminant tard dans la nuit autour d'une bière tiède sur fond de musique celtique déroutante.

Le bilan est plus que positif : nous avons pu porter la bonne parole auprès du public tout au long du week-end, sur notre trrrrrès beau stand, obtenu grâce à notre co-producteur ARTE.



Et puis saluons au passage le très charimastique "Michou la Savate", qui nous a fait l'honneur d'une visite fracassante lors du Professeur Cyclope Show, et que l'on voit ici sortant des toilettes, où il avait enfilé son costume de super-héros (mais qui peut donc se cacher sous cette identité secrète ?!).


Bref, que du bon, et puis deux excellentes et importantes nouvelles furent annoncés à l'occasion de ce festival, mais je vais y revenir plus précisément, là, tout de suite.